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Inde: les catholiques prêts à contester les lois anti-conversion

Le principal groupe de laïcs catholiques de l’Inde interpelle les autorités contre les faits de violence constatés ces dernières mois dans les États ayant adopté les lois anti-conversion.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

Dans une lettre adressée au Premier ministre fédéral ainsi qu’à tous les gouverneurs des États indiens, la All India Catholic Union (AICU) fondée il y a cent ans, exige la mise en place de mesures urgentes pour mettre fin à une «campagne de haine ciblée et aux mesures provocatrices prises par des acteurs étatiques et non étatiques agissant apparemment de concert» à l’encontre des minorités religieuses.

Des violences contre les chrétiens ou les musulmans ont été constatées dans les États de l’Uttar Pradesh, de l’Haryana, ou du Karnataka. «Des voyous, des militants et des dirigeants politiques locaux ont terrorisé les communautés religieuses minoritaires, le clergé et les institutions» peut-on lire dans ce courrier parvenu à l’agence Fides.

Les lois anti-conversion

Ces États ont récemment adopté au niveau local les lois anti-conversion promues par le parti du Premier ministre Narendra Modi, le BJP. Ces textes de loi interdisent, ou réglementent, les conversions religieuses. Tout récemment l’État du Karnataka a ainsi promulgué une ordonnance qui invite les citoyens à soulever des objections aux conversions et rend obligatoire le consentement du gouvernement pour que les personnes changent de religion sous peine d’amendes et d’emprisonnement.

Officiellement, ces lois, également en cours d’examen dans huit autres États indiens selon Fides, visent à empêcher les conversions religieuses obtenues par la force, par une influence indue ou par incitation.

Cela va bien au-delà «de la polarisation par les lois dites de liberté de religion qui ont criminalisé les mariages interreligieux sous prétexte de freiner les conversions par la force ou par la fraude», estime le président national de l’AICU. Pour Lancy D’Cunha, on assiste aujourd’hui avec ces modifications législatives, à une «haine qui a fait éruption comme autant de volcans dans la mer de l’harmonie religieuse en Inde» ; une haine qui, «si elle n’est pas contrôlée maintenant, pourrait causer des dommages incalculables à la paix nationale».

Tenir la haine sous contrôle

Selon l’organisme fondé il y a 103 ans, avant la partition de 1947, rien de bon ne peut venir en revivant les horreurs de l’histoire ou en réactivant de vieilles blessures jusqu’à ce qu’elles saignent à nouveau. «Nous devons tirer les leçons des erreurs commises par d’autres nations, qui ont ruiné leurs économies et leur tissu social, et les ont menées au bord du gouffre plus d’une fois. Les dirigeants politiques et religieux doivent agir de concert pour renforcer la paix et l’amitié

Dans cette lettre, les laïcs catholiques indiens réaffirment quant à eux leur engagement «à œuvrer pour la paix, l’harmonie entre les groupes religieux et sociaux et l’intégrité et le progrès de notre pays», néanmoins l’AICU ne restera pas sans réagir à ces lois qui déstabilisent la nation, d’autant qu’elles sont «contraires à la lettre et à l’esprit de la Constitution» qui garantit la liberté religieuse. Avec d’autres groupes religieux et mouvements de la société civile, l’AICU déposera des recours juridiques. Ce ne sera pas la première fois.

L’AICU a déjà contesté devant la Cour suprême, rappelle Fides, les lois discriminatoires qui refusent aux Dalits chrétiens la protection des dispositions constitutionnelles accordée au contraire aux Dalits de confession hindoue, sikh et bouddhiste.

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