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L’ambassadeur d’Italie en RD Congo tué dans une embuscade

Luca Attanasio, ambassadeur d’Italie en RD Congo, son chauffeur et son garde du corps ont été tués par des tirs contre un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) près de Goma, à la lisière du parc national des Virunga. Une attaque qualifiée de «terroriste» par le président congolais.

Camille Mukoso, SJ – Cité du Vatican

L’ambassadeur italien en République démocratique du Congo, Luca Attanasio, a été brutalement tué lundi, lors d’une attaque contre le convoi du Programme Alimentaire Mondial (PAM), escorté par des soldats de la Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO). Selon des sources officielles, l’embuscade a eu lieu à Kibumba, à 25 kilomètres au Nord-est de Goma dans la province du Nord-Kivu, considérée comme l’une des zones les plus dangereuses du Congo, à la lisière du parc national des Virunga. Le diplomate italien, âgé de 43 ans, est mort des suites de ses blessures par balle après avoir été transporté dans un hôpital des Nations unies à Goma. Deux autres victimes sont à déplorer dans cette attaque: le garde du corps italien de l’ambassadeur et un chauffeur congolais du PAM.

Kinshasa pointe du doigt les FDLR

Quelques heures après l’annonce de cette attaque meurtrière, le gouvernement congolais a communiqué sa version des faits. Kinshasa met sur le banc des accusés les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) qui continuent de semer la terreur dans l’est de la RD Congo, malgré l’appel lancé par le président Félix Tshisekedi en 2019 et les nombreuses tentatives d’instaurer la paix dans cette partie du pays. Le président congolais a qualifié l’embuscade «d’attaque terroriste». Depuis Goma, le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Carly Nzanzu, a affirmé que les rebelles ont stoppé le convoi par des tirs avant de faire descendre les passagers, dont l’ambassadeur italien. Selon le gouverneur congolais et les témoignages recueillis auprès des rescapés, les assaillants réclamaient de l’argent. Le diplomate italien a été touché par les tirs lors d’échanges de coups de feu avec l’équipe des gardes du parc des Virunga appuyés par les éléments de la force armée de la RD Congo (FARDC) alertée par l’attaque.

“Kinshasa met sur le banc des accusés les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) qui continuent de semer la terreur dans l’est de la RD Congo.”

Indignation collective et besoin pressant de justice 

Le président congolais a demandé une enquête pour que les auteurs de l’attaque soient «identifiés et traduits devant la justice pour répondre de leurs actes». De son côté, le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a également demandé à la RD Congo d’ouvrir avec diligence une enquête sur cette tragique attaque. Aussitôt après avoir été informé de la situation, le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, a annoncé son retour anticipé à Rome alors qu’il se trouvait à Bruxelles pour une réunion avec ses homologues européens. Pour sa part, le président du Conseil Européen, Charles Michel, s’est dit profondément choqué par cette terrible attaque. Tout en présentant ses condoléances aux familles, il a ajouté dans un Tweet que l’Union Européenne restera aux côtés de la RD Congo et de sa population pour «la sécurité et la paix».

“Le président congolais a demandé une enquête pour que les auteurs de l’attaque soient identifiés et traduits devant la justice.”

A la recherche de la vérité

Embarrassé par cette situation, le ministère congolais de l’Intérieur a tenu à souligner que le déplacement de l’ambassadeur n’avait pas été notifié aux autorités. «Les services de sécurité et les autorités provinciales n’ont pu ni assurer des mesures de sécurisation particulière du convoi, ni leur venir en aide faute d’informations sur leur présence dans cette partie du pays pourtant réputée instable», ont indiqué les autorités congolaises. Mais une source onusienne a fait savoir mardi que la route où s’est produite l’attaque qui a coûté la vie à l’ambassadeur d’Italie dans l’Est de la République démocratique du Congo ne nécessitait pas d’escorte militaire. «Cette route était validée sans escorte, mais avec obligation d’un convoi de deux véhicules minimum», a déclaré un responsable humanitaire de l’ONU dans le pays, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Les FDLR ont démenti leur implication directe dans cette embuscade qui a coûté la vie au diplomate italien. Ils affirment que leurs troupes sont trop éloignées de la zone, contrôlée, selon eux, par l’armée congolaise. 

“Les FDLR ont démenti leur implication directe dans cette embuscade qui a coûté la vie au diplomate italien.”

Tirer profit

Dans un tel contexte, une enquête internationale diligentée s’avère nécessaire pour que la vérité soit établie. Le Nord-Kivu est resté pendant très longtemps le sanctuaire des groupes armés. C’est sans doute l’occasion de réunir les efforts pour que cette région congolaise, en proie à la violence depuis plus de 25 ans, retrouve finalement la paix. 

Vatican News

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