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L’Église du Brésil se mobilise face à une insécurité alimentaire croissante

Jusqu’à samedi, tous les fidèles catholiques du Brésil sont appelés à faire preuve de générosité pour lutter contre la faim et la pauvreté, conséquences directes d’une pandémie de coronavirus toujours virulente dans ce pays d’Amérique latine.

C’est par une messe qu’a débuté mardi 8 juin, dans la Casa Bom Samaritano de Brasilia, où sont accueillis des migrants vénézuéliens, une semaine nationale de mobilisation qui implique toute l’Église catholique brésilienne. Cette initiative se déroule dans le cadre de la deuxième phase de l’action solidaire d’urgence “Il est temps de prendre soin”. Des actions de solidarité en faveur des plus démunis ont lieu jusqu’au 12 juin dans les diocèses, les organisations et les différents organismes pastoraux.

L’action solidaire d’urgence “Il est temps de prendre soin” avait été lancée le 12 avril 2020, dimanche de Pâques, par la conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) et Caritas Brésil ont lancé l’initiative. Elle consiste en la collecte de produits alimentaires et d’hygiène, distribués ensuite à la grande partie de la population dramatiquement touchée par les conséquences de la pandémie, comme les sans-abri, les migrants, les réfugiés, les chômeurs et les travailleurs informels.

Surmonter le repli sur soi

En accueillant mardi les participants à la messe inaugurale, la directrice de l’Institut pour la migration et les droits de l’homme, sœur Rosita Milesi, a souligné l’importance de mener cette action à un moment où plus de la moitié de la population brésilienne se trouve en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle. La religieuse a fait référence aux données du groupe de recherche Food for Justice de l’Université libre de Berlin, montrant que plus de la moitié des ménages du pays (59,4 %) ont connu un certain degré d’insécurité alimentaire entre août et décembre 2020. Autrement dit, plus de 125,6 millions de Brésiliens ne se sont récemment pas nourris comme ils le devaient, ou ont expérimenté l’incertitude de l’accès à la nourriture.

Mgr Joel Portella Amado, évêque auxiliaire de Rio de Janeiro et secrétaire général de la CNBB, a quant à lui rappelé qu’il est nécessaire de surmonter trois difficultés pour susciter la solidarité en cette période de pandémie: le péché (l’égoïsme), la fatigue et l’incrédulité. Il a également invité les catholiques brésiliens à participer le 12 juin prochain à la collecte de nourriture organisée dans plusieurs communautés du pays.

Pas d’accalmie en vue

Selon Caritas Brésil, depuis le 11 avril dernier, 1,5 tonne de nourriture, 117 000 kits d’hygiène personnelle, 115 000 équipements de protection personnelle et 53 000 articles vestimentaires et paires de chaussures ont déjà été collectés.

Le Brésil vit actuellement avec la menace d’une troisième vague de la pandémie, en raison de la lenteur de la vaccination, du relâchement précoce des mesures de précaution et de l’importante circulation des variants.

Ce pays de 212 millions d’habitants devrait atteindre d’ici la fin du mois les 500 000 morts de la Covid-19, avec l’un des taux de mortalité les plus élevés au monde. Depuis la mi-mai, la courbe des décès s’est stabilisée, avec une moyenne quotidienne de 2 000 morts.

Vatican News

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