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Les nombreuses inconnues de l’élection présidentielle libyenne

Pas moins de 98 candidats sont en lice pour l’élection présidentielle du 24 décembre prochain. Un scrutin-clé pour l’avenir du pays, déchiré par les dix années chaotiques qui ont suivi la chute de Mouammar Kadhafi.

Olivier Bonnel-Cité du Vatican

Dans tout juste un mois, le 24 décembre, la Libye a rendez-vous avec les urnes. Les élections présidentielles sont censées donner au pays une stabilité après 10 ans de guerre et de chaos qui ont suivi le renversement et la mort du colonel Mouammar Kadhafi. La communauté internationale suit de près ce rendez-vous. La conférence internationale de Paris pour la Libye organisée le 12 novembre a réaffirmé son «attachement à la réussite du processus démocratique libyen». Ce scrutin attire les convoitises: pas moins de 98 candidats se sont déclarées.

Parmi les figures connues qui ont fait acte de candidature pour prendre les rênes du pays, celle du maréchal Khalifa Al Haftar, l’homme fort de l’Est du pays, qui a tenté par deux fois de prendre Tripoli avec ses troupes, en 2014 et 2019, ou encore Seïf Al Islam Kadhafi, fils de l’ancien dictateur, sur lequel pèse un mandat de la Cour Pénale Internationale pour « crimes contre l’humanité ».

À noter aussi le nom de Bachir Saleh, l’ancien secrétaire personnel de Kadhafi, qui fut l’un des grands argentiers du régime, Aguila Saleh, le chef du Parlement, ou encore le premier ministre par intérim Abdelhamid Dbeibah. Une seule femme est en lice: Layla Ben Khalifa, militante des droits de l’homme, qui dirige le Mouvement national libyen.

Démission de l’émissaire de l’ONU

Derrière les noms, le processus électoral libyen reste très fragile et les inconnues nombreuses. La loi électorale elle-même, votée à la hâte pour poser le cadre du scrutin n’est pas respectée: Khalifa Al Haftar possède encore la nationalité américaine, Abdelhamid Dbeibah aurait dû démissionner de poste pour candidater, etc…

La démission ce mercredi 24 novembre de Jan Kubis, l’émissaire spécial de l’ONU pour la Libye n’est par ailleurs pas un signe encourageant. Le Slovaque, qui n’a pas donné de raisons précises n’était en poste que depuis le mois de janvier dernier.

Objet de pression de la communauté internationale et de convoitises pour les grands acteurs de la géopolitiques mondiale, ce cadre électoral, s’il peut apporter une forme de respectabilité institutionnelle, n’est pas de bonne augure dans un pays encore morcelé selon Jalel Harchaoui, membre du centre de réflexion « Global Initiative » à Genève, spécialiste de la Libye et des pays d’Afrique du Nord.

Entretien avec Jalel Hachraoui

 

 

 

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