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Mgr Giovanni Battisti Scalabrini, l’apôtre des migrants, sera déclaré saint

Le Pape a convoqué un consistoire pour la canonisation du bienheureux fondateur des Missionnaires de Saint-Charles, avec la dispense d’un second miracle. Dans les décrets publiés ce samedi 21 mai figurent également la béatification prochaine d’une laïque espagnole et sept nouveaux vénérables.

Alessandro De Carolis – Cité du Vatican

Un large consensus pour porter au plus haut degré des autels l’évêque déjà considéré par bien des catholiques comme le saint patron des migrants. C’est ce que laisse entendre la décision de François de convoquer un consistoire pour la canonisation de Giovanni Battista Scalabrini, l’évêque de Piacenza qui, à la fin du XIXe siècle, a fondé les Congrégations des Missionnaires de Saint Charles – appelés aussi Scalabriniens – avec la mission spécifique de servir les migrants. Il ne s’agit pas d’une canonisation équipollente, car il y aura une cérémonie formelle, mais on peut noter la dispense de la reconnaissance habituelle d’un second miracle nécessaire à la canonisation – cela avait aussi été le cas pour le Pape Jean XXIII.

Ce choix a été rendu public ce samedi 21 mai, peu après l’audience accordée dans la matinée par le Pape au Cardinal Semeraro, préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints. La date de la canonisation sera annoncée au cours d’un consistoire, qui concernera également une autre canonisation, celle du bienheureux Artemide Zatti, laïc italien ayant émigré avec sa famille en Argentine à la fin des années 1800, coadjuteur salésien et missionnaire en Patagonie. La date de ce futur consistoire n’a pas été précisée. L’audience a également vu l’approbation des décrets sur la reconnaissance d’un miracle attribué à l’intercession d’une laïque espagnole, Maria de la Concepción Barrecheguren y García, et des vertus héroïques de sept serviteurs de Dieu, qui deviennent ainsi vénérables.

Un évêque sensible aux pauvretés humaines

Gare ferroviaire de Milan, années 1880. Dans une grande salle intérieure, entre les arcades et au milieu de la poussière du grand parvis de la gare, des personnes campent à terre, contrepoint humain à l’élégante architecture des lieux. Un homme passe, qui observe et écrit: «j’ai vu trois ou quatre cents individus pauvrement vêtus, répartis en différents groupes (…) C’étaient des vieillards courbés par l’âge et la fatigue, des hommes dans la force de l’âge, des femmes portant ou portant leurs enfants sur le cou, des garçons et des filles tous réunis par une seule pensée, tous dirigés vers un but commun. C’étaient des émigrants».

Cet instantané est pris par un évêque, Giovanni Scalabrini, qui depuis le 13 février 1876, dirige le diocèse de Plaisance – il est originaire de la province de Côme, où il est né le 8 juillet 1839. Mgr Scalabrini est un jeune évêque, désigné alors qu’il n’avait même pas 37 ans, après avoir fait parler de lui pour sa foi de jeune prêtre hors du commun. Il reste dans l’histoire de l’Église sous le nom d’«apôtre du catéchisme» – comme l’a appelé Pie IX -, et ce pour avoir accordé une grande importance à la formation chrétienne de base, jusqu’à fonder la première revue catéchétique en Italie.

Zèle pour les migrants

Les œuvres qui sont nées de son initiative pastorale sont nombreuses, mais ce sont les migrants qui l’ont le plus ému. Cette scène à la gare l’a profondément marqué. En 1887, il fonde les Missionnaires de Saint-Charles pour aider les migrants et en 1901, il s’embarque lui-même à Gênes pour rejoindre les Italiens émigrés aux États-Unis. La branche féminine des Missionnaires de Saint-Charles est également fondée, en 1895. Mgr Scalabrini devient des pionniers dans l’étude du phénomène de la migration dans l’Église. On lui doit également l’une des premières lois italiennes sur le sujet, promulguée en 1901. Aux dix premiers missionnaires qui partent pour l’Amérique, en juillet 1988, il dit: «Le champ ouvert à votre zèle n’a pas de frontières. Il y a des temples à lever, des écoles à ouvrir, des hôpitaux à construire, des jardins d’enfants à fonder. Là, enfin, des misères sur lesquelles faire descendre les influences bénéfiques de la charité chrétienne».

Lorsque Mgr Scalabrini meurt, le 1er juin 1905, en la solennité de l’Ascension, son témoignage est déjà indélébile. Jean-Paul II qui le proclame bienheureux en 1997.

Une laïque espagnole bientôt béatifiée

L’Église comptera également d’ici peu une nouvelle bienheureuse, Maria de la Concepción Barrecheguren y García (1905-1927), laïque espagnole morte de la tuberculose à l’âge de 22 ans sans pouvoir porter l’habit religieux comme elle le souhaitait, et à l’intercession de laquelle a été attribué le miracle de la guérison d’une fillette espagnole de 2 ans en 2014.

Les nouveaux vénérables

Parmi les sept nouveaux vénérables, cinq hommes et deux femmes, dont une laïque polonaise, Janina Woynarowska (1923-1979), infirmière qui s’est distinguée par ses qualités dans les soins apportés à divers types d’infirmités – elle-même souffrant d’un grave handicap physique. Soutenue par une foi solide, elle est devenue consacrée dans un institut séculier, par les mains de l’archevêque de l’époque, Karol Wojtyla.

Les autres vénérables sont l’archevêque philippin Teofilo Bastida Camomot (1914-1988), fondateur de la Congrégation des Filles de Sainte Thérèse, l’évêque italien Luigi Sodo (1811-1895), le prêtre espagnol José Torres Padilla (1811-1878), cofondateur de la Congrégation des Sœurs de la Compagnie de la Croix, le prêtre italien Giampietro di Sesto San Giovanni (né Clemente Recalcati), profès des Frères mineurs capucins (1868-1913), fondateur de la Congrégation des Sœurs missionnaires capucines de Saint-François d’Assise à Brasilia, le prêtre italien Alfredo Morganti (alias Berta), profès de l’Ordre des Frères mineurs (1886-1969), et la religieuse mexicaine Marianna de la Sainte-Trinité (née Allsopp González-Manrique, 1854-1933), cofondatrice de la Congrégation des Sœurs de la Sainte-Trinité.

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