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Six ans après Amoris Laetitia, François exhorte à repenser la théologie morale

La conférence internationale sur la théologie morale, organisée à l’occasion du 5e anniversaire de l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, se tient à Rome du 11 au 14 mai. Lors d’une audience avec les participants, le 13 mai au matin, le Saint-Père a invité l’Eglise à continuer de développer une théologie morale «compréhensible» et proche des défis réels rencontrés par les couples et les familles aujourd’hui.

Claire Riobé – Vatican News

Six ans après la publication de l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, comment orienter les pratiques pastorales de l’Église dans une dynamique davantage missionnaire et synodale ? La conférence internationale sur la théologie morale, qui se tient à Rome jusqu’au 14 mai, doit approfondir les suggestions et éclairages initiés ces dernières années par Amoris Laetitia. Organisée par la Faculté de théologie de l’Université pontificale Grégorienne et l’Institut théologique pontifical Jean-Paul II, elle est l’occasion pour chercheurs et théologiens moralistes de réfléchir à la place du mariage et de la famille dans la théologie d’aujourd’hui.

La famille, source d’inspiration et de défis pour la théologie morale

C’est au cœur du mariage et de la famille que les époux et les enfants sont appelés à vivre le mystère du Christ, dans le concret de la vie quotidienne. Mariage et famille forment ainsi une «Église domestique» dont la spiritualité est riche, a affirmé François, et dans laquelle la théologie morale doit pouvoir puiser.

La vie familiale, qui participe à la transformation d’une Église missionnaire, est cependant aujourd’hui plus éprouvée que jamais, traversant «une profonde crise culturelle, comme toutes les communautés et tous les liens sociaux», reconnait le Saint-Père. De nombreuses familles souffrent également d’un manque de travail, d’un manque de logements dignes ou d’un manque de terres pour vivre en paix, à une époque de changements importants et rapides. «Ces difficultés se répercutent sur la vie familiale, générant des problèmes relationnels », et créent beaucoup de «situations difficiles et de familles blessées».

 

Ces mutations en profondeur doivent pousser la théologie morale à relever les défis de notre temps, en parlant notamment un langage compréhensible pour le monde, a demandé le Saint-Père. Elle doit aider l’Église et les chrétiens, à «surmonter l’adversité et les contrastes» et à favoriser «une nouvelle créativité pour exprimer dans les défis d’aujourd’hui les valeurs qui nous constituent en tant que peuple dans nos sociétés et dans l’Église, le peuple de Dieu». 

Besoin d’un « dialogue théologique »

L’enjeu est aujourd’hui pour la théologie morale d’être réellement attentive «aux blessures de l’humanité», demande le Souverain Pontife, afin de permettre à la famille de jouer un rôle décisif sur la «conversion pastorale» de l’Église.»

Le Pape a remarqué à cet égard l’importance de la transdisciplinarité et du dialogue entre la théologie, les sciences humaines et la philosophie sur ces enjeux. En effet, «il ne suffit pas de juxtaposer ou d’opposer les différentes approches théologiques, mais de les faire dialoguer pour qu’elles s’instruisent mutuellement, de manière symphonique et chorale, au service de l’unique grand objectif, qui peut se résumer par cette question : comment les familles chrétiennes peuvent-elles aujourd’hui, dans la joie et le labeur de l’amour conjugal, filial et fraternel, témoigner de la bonne nouvelle de l’Évangile de Jésus-Christ ?»

Repenser la théologie morale à partir de la famille

Une Église plus synodale, telle que voulue par le Pape François, se construit dans l’écoute mutuelle de ceux qui la composent. Ainsi, «comment serait-il possible de parler de la famille sans interroger les familles, écouter leurs joies et leurs espoirs, leurs peines et leurs angoisses ?», questionne le Saint-Père. Faire le choix de l’écoute et du dialogue avec les familles d’aujourd’hui implique de dépasser une idée abstraite de la vérité, détachée de l’expérience des personnes, des cultures, des religions.

Les témoignages émergeant des familles et des mariages chrétiens doivent ainsi être écoutés et pris au sérieux dans le champ de la théologie morale, car peuvent constituer un «kairos» pour cette dernière, et permettre de repenser les catégories interprétatives de l’expérience morale.

Le Souverain Pontife invite ainsi les penseurs et théologiens chrétiens à repenser catégories de la théologie morale, dans leur connexion réciproque : notamment le rapport entre la grâce et la liberté, la nature et la culture, et le rapport entre la conscience, le bien, les vertus. «De cette façon, nous aiderons les familles à redécouvrir le sens de l’amour, un mot qui aujourd’hui « apparaît souvent défiguré »: parce que l’amour « n’est pas seulement un sentiment », mais le choix dans lequel chaque personne décide de « faire le bien »», a repris le Saint-Père, citant Amoris Laetitia.

«Je vous invite donc, théologiens moralistes, à poursuivre votre travail rigoureux et précieux dans une fidélité créative à l’Évangile et à l’expérience des hommes et des femmes de notre temps, en particulier l’expérience vivante des croyants», a conclu François.

Vatican News

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