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Un millier de Birmans expulsés de Malaisie, la colère des évêques malaisiens

Mardi 23 février, la Malaisie a annoncé l’expulsion vers la Birmanie d’un millier de personnes migrantes, en dépit d’un arrêt qui lui ordonnait de suspendre ce transfert critiqué par la communauté internationale et les ONG, trois semaines après le coup d’État. Les évêques de Malaisie ont fait part de leur colère.

Marine Henriot, avec agences – Cité du Vatican

Selon l’AFP, les réfugiés birmans avaient été acheminés par cars et camions sur une base militaire de la côte ouest de la Malaisie, où ils ont été embarqués mardi 23 février à bord de trois bâtiments de la marine birmane. 

Quelques heures avant le départ forcé de ces réfugiés, le Haute-Cour de Kuala Lumpur s’y était opposée, en affirmant que l’opération devait être temporairement suspendue. De leur côté, les associations de défense des droits de l’homme Amnesty International et Asylum Access ont déposé un recours soutenant que la Malaisie violerait ses obligations internationales si elle expulsait ces personnes, expliquant que la vie de certains d’entre eux serait menacée s’ils retournaient en Birmanie.

L’armée birmane a renversé début février le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi, ce qui a déclenché une campagne massive de protestations. La Malaisie avait exprimé sa «sérieuse préoccupation» après le coup d’État. Mais quelques jours plus tard, elle avait selon des médias donné son feu vert pour que la junte envoie des navires récupérer les réfugiés détenus.

Selon la Fondation Geutanyoe, qui travaille avec les demandeurs d’asile, parmi ces détenus birmans se trouvent des Chins, une minorité essentiellement chrétienne, et des personnes originaires des États Kachin (nord) et Shan (est), en proie à des conflits.

Prise de parole des évêques 

«En cette période de grave incertitude politique au Myanmar», ont déclaré les évêques de Malaisie dans un communiqué publié ce mardi, «notre foi nous dit que nous ne pouvons pas rester silencieux et être complices de cette action contre ceux qui ont fui en raison d’une grave crise humanitaire.» L’épiscopat a souligné que la tâche consistant à «garantir la sécurité personnelle des réfugiés, des migrants et des demandeurs d’asile les plus vulnérables doit être régie non seulement par les lois internationales, mais aussi par les lois de l’humanité, qui sont fondées sur la miséricorde, la compassion et l’amour».

Invitant donc le gouvernement malaisien à ne pas soumettre la vie de ces personnes à un sort incertain et inconnu en les rapatriant à un moment où la Birmanie, suite au coup d’État militaire, connaît une situation politique tumultueuse, les prélats demandent également que «des organisations internationales telles que le HCR soient autorisées à surveiller ces personnes afin que leur sécurité personnelle puisse être garantie

Comme le rappelle l’encyclique du Pape François Fratelli tutti, ont conclu les évêques malaisiens, «nous faisons partie d’une grande famille humaine et notre fraternité humaine transcende les barrières de la géographie et de la distance(…), l’Église ne peut pas fermer les yeux sur les nécessiteux et les vulnérables, quels qu’ils soient ou d’où ils viennent, surtout en temps de crise». 

En soutien aux personnes expulsées, Amnesty International a suggéré d’allumer une bougie et de poster une photo sur les réseaux sociaux. 

Vatican News

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