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Vent de changement en Colombie

Dimanche 29 mai, les Colombiens élisent leur président de la République. Six candidats briguent la magistrature suprême. Pour la première fois dans l’histoire du pays, le candidat de gauche, Gustavo Petro, est favori dans les sondages et la droite, au pouvoir, est discréditée. Est-ce suffisant pour une alternance politique?

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

Près de 38 millions d’électeurs sont appelés aux urnes dimanche pour élire celui qui remplacera Ivan Duque, très impopulaire à l’issue de son mandat unique. Le président sortant a affronté plusieurs crises au cours de son mandat : la pandémie de Covid-19 qui a durement frappé le pays et mis l’économie à genoux, avec une forte récession à la clé, des manifestations massives contre sa politique de la part des milieux populaires et une augmentation de la violence des groupes armés dans les campagnes.

La grève du printemps 2021 a révélé l’ampleur du mécontentement d’une partie de la population face aux inégalités, parmi les plus fortes du continent latino-américain. Or, rien n’a été entrepris au cours des dernières années pour y remédier, entretenant un fort ressentiment envers les élites qui monopolisent le pouvoir depuis des décennies.

 

C’est ce qui explique l’émergence des deux principaux candidats : Gustavo Petro, ancien guérillero, ancien maire de Bogota, à la tête du «Pacte historique» qui promet de nombreux changements : justice sociale, retour à la paix, transition écologique, transition d’une économie extractrice à une économie productrice, investissements dans l’éducation. En tête des sondages, sa place au second tour parait presque certaine.

Autre figure bénéficiant du fort mécontentement : Rodolfo Hernandez, un entrepreneur de 77 ans, comparé par ses détracteurs à Donald Trump, au positionnement plus centriste et qui se présente comme candidat indépendant. Face à ces deux personnalités, le candidat de droite, Federico Gutierrez, ancien maire de Medellin, pâtit d’un manque de charisme et du mauvais bilan d’Ivan Duque dont il tente de se démarquer le plus possible.

Jamais peut-être la Colombie n’a été aussi proche d’une vraie alternance politique avec une arrivée au pouvoir d’une force de type social-démocrate, ce qui serait, du point de vue colombien, «révolutionnaire». Jacobo Grajales, professeur de science politique à l’université de Lille revient sur le programme de Gustavo Petro et sur un scrutin très ouvert.

Entretien avec Jacobo Grajales, professeur de science politique à l’université de Lille

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